Claire Malrieux | Climat Général

Présentée simultanément à l’Hyperpavilion de la Biennale de Venise, Climat Général est une œuvre auto-générative, un hyperdrawing qui associe la notion d’Anthropocène aux enjeux du dessin. Artiste engagée, Claire Malrieux crée un espace graphique où le dessin devient un écosystème composé des forces atmosphériques, telluriques et humaines.
Se référant à l’ « Hypothèse Gaïa » de James Lovelock ( Selon lui, la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années en harmonie avec la vie ».), Claire Malrieux transforme la figure de Gaïa en une machine climatique autonome qui affiche un espace dynamique et organique, construit selon des flux de données empruntés aux principaux modèles climatiques prédictifs. À travers différents scénarios programmatiques, l’artiste met en évidence l’influence de l’homme sur son environnement, un environnement en perpétuelle mutation dont la fin ne peut être programmée. Car si l’entrée dans l’Anthropocène marque la fin d’une Terre en extension, elle marque surtout le début d’autre chose : une situation différente dans le temps et dans l’espace. Un espace où le décor est en mouvance et dans lequel l’histoire humaine s’adapte et évolue. L’usage simultané du dessin et des algorithmes permet de visualiser des interactions et des causes à effets habituellement invisibles, de les décoder et d’en interroger les enjeux. En prenant le dessin comme un langage capable de saisir sans la figer la structure du contemporain, Malrieux entend nous faire explorer les nouvelles zones de contact d’une culture désormais convertie au numérique. Visuel : Climat Général, 2017.