Christophe Cesbron & Gwenaël Bodet | Êkhố[s]

La galerie RDV poursuit son cycle d’expositions où un artiste du paysage contemporain invite un artiste émergent pour exposer à ses cotés. Le deuxième volet réunit Christophe Cesbron et Gwenaël Bodet mêlant deux univers, qu’à première vue tout oppose, mais qui, comme le suggère son titre, empruntent au mythe d’Echo des dispositifs d’échange, de résonance, et de distorsion. La nymphe Echo, ayant trompé Héra par ses bavardages incessants, fut condamnée à répéter les dernières paroles de celui qu’elle écoute. «Echo investit le vocabulaire sonore mais développe également plusieurs sens, plus abstraits, plus métaphoriques, proposant plusieurs glissements sémantiques». CC. De la même manière, cette exposition s’articule en réponses, rebonds, mémorisations, boucles et jeux entre les artistes. Les toiles présentées par Christophe Cesbron ne sont encore jamais sorties de son atelier. Des corps « flottent » dans l’espace de la peinture. Nus, ils portent des objets, des accessoires qu’il ne faut pas relayer au rang de détail. Tels les attributs que les peintres associaient aux personnages religieux, ils impulsent du sens, du mystère. Fruits de pulsions intérieures plus ou moins obscures, ces peintures interrogent l’artiste qui a du mal à s’y reconnaître. Elles sont comme un écho, une voix dispersée : « l’écho de ceux qui me précède, de ceux qui mecôtoient, de ce qui vibre en moi et hors de moi ». CC. Ce qui rapproche Christophe Cesbron et Gwenaël Bodet tient peut-être dans ce regard curieux qu’ils ont sur les résonances qui les traversent. Ce qui vibre, aux prémices de tout apprentissage, c’est la peau, l’enveloppe, cette membrane externe qui nous permet un développement interne. L’artiste rejoue cette initiation avec une peau de hauts-parleurs. Ils forment ici une grotte, un manteau en lévitation qui nous appelle à l’expérience. Structurée par le tissage et la répétition, son installation est une source de son mais aussi peut-être un lieu de retour aux sources. Gwenaël Bodet nous présente un tissu sonore et physique qu’il faut appréhender comme deux lieux, intérieur et extérieur. Une caverne, en somme, d’où pourrait émaner la création, la pensée, la vie. Cette exposition se veut en mouvement, s’organisant autour de dispositifs pouvant entrer en résonance, s’accorder, dysfonctionner, interférer, s’appeler, se répondre, ou se perdre...