Anselm Kiefer | Für Andrea Emo

Für Andrea Emo réunit une vingtaine de tableaux ainsi que trois sculptures explorant le thème de la sédimentation du souvenir cher à Anselm Kiefer. Ces vitrines, qui mettent en scène une connexion spirituelle entre différents éléments, sont autant de fossiles ou d’artefacts mis au jour, autant de micro-fictions à déchiffrer. D’une inventivité formelle inédite, les tableaux reflètent l’intérêt que l’artiste allemand porte depuis longtemps à l’idée de destruction et de régénération. En faisant couler du plomb en fusion, Anselm Kiefer oblitère l’image originale et insuffle ainsi une nouvelle vie à ses propres œuvres dans un geste radicalement iconoclaste. Si sur certaines toiles la couche de plomb solidifié laisse encore entrevoir un paysage, sur d’autres elle emprisonne les éléments picturaux rejetés par la surface calcinée. La peinture devient alors sa propre sédimentation, un palimpseste. Anselm Kiefer note : « Ce pansement de plomb qui ne peut plus être détaché de la peau de peinture, ces plaies suppurantes du plomb encore bouillant quand le pigment n’est pas sec, les petites pailles sur un champ que j’ai peint il y a des années et qui apparaissent comme des restes calcinés sur le plomb solidifié – tout cela me rappelle les poèmes de Baudelaire. » L’exposition est dédiée à Andrea Emo (1901-1983), philosophe italien dont les réflexions nihilistes ont nourri le développement de son travail. Penseur solitaire, qui a choisi la voie de la réclusion et de l’auto-exclusion du monde académique, Andrea Emo est une figure importante de la nouvelle pensée métaphysique.  Visuel : Toile signée Anselm Kiefer.