Alex Israel | Summer 2

« Toutes les œuvres d'Alex Israel, bien qu'obéissant à un protocole complexe d'élaboration, semblent toujours extraordinairement simples. Des Flats aux Lenses, des Sky Backdrops aux Self-Portraits, toutes se présentent avec une très grande simplicité, une sorte d'immédiateté même, qui en font des objets bienveillants, amicaux, compassionnels, presque. A la différence de tant d'œuvres contemporaines, celles d'Alex Israel ne font appel ni à notre tolérance, ni à notre cynisme, pas plus qu'à notre crédulité. Ce sont des objets simples, bienveillants, non-conflictuels. Elles sont des œuvres d'art idéales pour la Wuss Generation (“génération chochotte”) ainsi que l'a nommée Bret Easton Ellis, ces millenials fuyant le conflit, réprimant la critique. L'époque dans laquelle s'épanouit l'œuvre d'Alex Israel a ceci de remarquable qu'elle voit pour la première fois dans l'histoire des avant gardes artistiques une génération d'artistes ne pas s'opposer à la précédente, ni même aux précédentes. C'est une génération qui like et ne dislike jamais – un jugement tellement absurde qu'Instagram ou Facebook n'offrent même pas cette fonctionnalité. (...) La précédente exposition d'Alex Israel à la galerie Almine Rech à Paris (13 juin – 25 juillet 2015) s'intitulait Summer ; à celle-ci il a donné le titre de Summer 2, reprenant à son compte la stratégie d'un sequel d'ordinaire appliquée aux blockbusters de l'industrie cinématographique. Assurément, l'œuvre d'Alex Israel a des ambitions narratives qui la rapprochent du cinéma ou de la télévision et qui, en tous cas, la rapprochent du documentaire (consacré à Los Angeles) ou du biopic (consacré à Alex Israel) – l'un ou l'autre sachant inventer pour leur réalisation des formes qui ne sont ni celles de la télévision ni celles du cinéma. Une œuvre qui, en somme, aurait replié l'entertainment sur l'histoire des formes artistiques. » Eric Troncy, critique d’art et commissaire d’exposition. Visuel : © Alex Israel.